Les troubles du comportement alimentaire (TCA) consistent en un trouble par rapport à l’alimentation. Il en existe plusieurs formes, les plus connus étant l’anorexie, la boulimie, l’hyperphagie, et plus récemment l’orthorexie.

Aujourd’hui cette maladie mentale concernerait plus de 3% de la population en France, dont majoritairement les jeunes filles adolescentes et les jeunes femmes.

Malheureusement cette maladie n’arrive pas qu’aux autres, et il est possible qu’un de vos proches (famille ou amis) soit touché par ce trouble. Si c’est le cas, il est probable que vous vouliez aider cette personne. Mais comment faire ?

Lorsque l’on n’est pas soi-même concerné par les TCA, il est difficile de comprendre une personne qui a du mal à manger normalement. C’est pourtant si naturel de se nourrir ! On a tendance à simplement vouloir lui dire de manger à sa faim, de ne pas vomir, de faire simplement un petit effort. Mais en réalité, ce qui se passe chez le ou la malade est très compliqué.

Une personne qui présente des TCA est avant tout une personne qui souffre. Les TCA sont un mécanisme mis en place par le malade pour s’adapter à une situation trop douloureuse (traumatisme, anxiété, mal être…). De ce fait les TCA sont d’abord un symptôme, et il paraît compliqué de rester concentré sur la nourriture uniquement pour aider une personne qui en souffre.

Comment faire alors pour aider cette personne chère que vous voyez menacée par des troubles du comportement alimentaire ?

Dans un premier temps il faut observer deux cas de figure possibles :

  • Soit votre proche est conscient de son problème et vous pouvez aborder le sujet ensemble. Nous allons voir comment.
  • Soit la personne n’est pas consciente qu’elle a un problème, et dans ce cas la première étape sera de l’aider à en prendre conscience.

Voici quelques conseils pour vous aider à gérer le problème que rencontre votre ami, et à l’aider autant que possible.

  • Détecter les signes

Ayez bien à l’esprit qu’un trouble du comportement alimentaire peut apparaître sous diverses formes. Il n’est pas nécessaire d’être maigre ou en surpoids pour souffrir de TCA. Par ailleurs la personne en question peut vous sembler manger tout à fait normalement lors des repas, ce qui ne veux pas dire qu’elle n’aura pas des comportements pathologiques à l’abris des regards.

Ainsi, la prise ou la perte de poids rapide est un indicateur évidemment. Cependant, si rien ne transparait physiquement dans un premier temps, des comportements inhabituels peuvent vous alerter : systématiquement quitter la table pour aller aux toilettes pendant le repas ou juste après. Boire beaucoup d’eau pendant le repas. Vouloir être en charge de son repas (ne supporte pas d’être servi par les autres). Augmenter drastiquement l’exercice physique. Se peser souvent. Chercher à éviter les repas en communauté…

Si un comportement vous inquiète, allez vous renseigner. Cela vous aidera à mieux comprendre ce que traverse votre ami, et cela prouvera également que vous vous en préoccupez. Les TCA les plus courants :

  1. Anorexie mentale : préoccupation obsessionnelle de l’apparence et du poids, qui conduit à des restrictions alimentaires drastiques.
  2. Boulimie : se produit sous forme de crise. Ingestion excessive et répétitive de nourriture. Les crises de boulimie, qui peuvent durer de quelques minutes à plusieurs heures, sont souvent suivies de certains actes ayant pour but de compenser la crise, tels que les vomissements volontaires, le recours aux laxatifs, la pratique intense de sport, ou des épisodes d’anorexie.
  3. Hyperphagie : ingestion quotidienne de nourriture supérieure à ce dont l’organisme à besoin, entrainant une prise de poids inévitable (car pas de pathologie compensatoire).
  4. Orthorexie : besoin obsessionnel d’avoir une alimentation saine et équilibrée, rejet de tout aliments perçus comme « malsain ».
  • Aborder le sujet avec la personne concernée

Si vous décidez d’aborder le sujet avec votre ami, c’est que vous vous inquiétez et que vous voulez l’aider. Dans ce cas, la première chose à laquelle vous devez faire attention est de ne pas être accusateur. Si vous employez un ton de reproche (« tu es trop maigre, il faut que tu fasses un effort, ce n’est pas un vrai problème… »), la personne en face risque de se braquer et de se fermer. A l’inverse, comme vous ne pouvez pas savoir ce que traverse votre proche, parlez lui de votre propre ressenti : « je m’inquiète pour toi, je voudrais pouvoir t’aider, j’ai l’impression que quelque chose ne vas pas… ». Votre but est de mettre la personne en face en confiance. Qu’elle n’est pas peur d’être jugée ou grondée.

Par ailleurs, n’abordez jamais ce sujet lors d’un repas. Cela placerait d’office votre ami dans une position de jugée, ce qui sera très désagréable et contre productif. Choisissez plutôt un moment calme et intime, loin de toute nourriture.

  • Ecouter

Comme nous l’avons dit précédemment, présenter des TCA est souvent le témoin d’un mal-être plus profond. Si votre proche manifeste l’envie de vous parler de ce qu’il ressent, des émotions et des difficultés qu’il rencontre, en lien ou non avec l’alimentation, écoutez-le. Posez-vous et offrez lui une oreille attentive, en vous retenant de tout commentaire qui pourrait vous démanger. Une fois que la personne s’est confiée, témoignée lui de votre soutien sans la juger. Gardez à l’esprit qu’un trouble du comportement alimentaire est une maladie mentale sérieuse, et qu’il ne suffit pas de « faire un petit effort » pour s’en sortir. En tant que proche intime, vous n’êtes pas en mesure de « sauver » votre ami, mais il est essentiel que vous soyez présent.

  • Faut-il garder le secret ?

Que faire si un ami nous confie sont problème mais nous fait promettre de n’en parler à personne ? Voici une question très compliquée. En effet, avertir quelqu’un viendrait à trahir la confiance accordée, et ne rien dire implique de courir un risque d’aggravation. L’idéal serait d’amener la personne en difficulté à demander de l’aide (notamment à un spécialiste) par elle même. Si ce n’est pas le cas il faut aviser en fonction de la situation. Si la situation s’aggrave au moins de mettre la santé de votre ami en danger, il faudra probablement avertir des personnes en mesure de la prendre en charge rapidement.

  • Encourager à demander de l’aide

Guérir d’un TCA est un processus long et difficile pour le malade. Ayez bien à l’esprit que vous n’êtes pas un professionnel ! Et même si c’était le cas, vous ne seriez pas en mesure de soigner un proche. Pour cette raison le mieux que vous puissiez faire est de l’encourager à aller consulter des spécialistes avec qui aucune relation affective ne viendra interférer.

Il est souvent compliqué de motiver quelqu’un à aller consulter un thérapeute. Mais rappelez lui qu’essayer n’engage à rien.

  • A ne pas faire

Pour finir voici quelques comportements que vous pourriez être tentés d’adopter, mais qu’il vaut mieux éviter :

  • Ne tentez pas de vous comparer à votre ami : cette personne se sent déjà terriblement seule et incomprise. Des comparaisons du types « mais regarde je suis plus grosse que toi et je vais bien »… ne l’aideront pas et elle ne s’en sentira que plus incomprise.
  • N’essayez pas de mettre en place des stratagèmes pour le ou la faire manger : « si tu mange ça on fera ça, si tu prends un peu de poids tu me feras vraiment plaisir… ». Votre ami n’est pas bête, il ou elle est malade et aura juste l’impression de na pas être pris au sérieux et pas compris dans le problème auquel il fait face si vous vous comporter avec lui/elle comme avec un enfant de 5 ans.

Les troubles du comportement alimentaire sont des maladies sérieuses qui peuvent avoir des conséquences dramatiques sur la vie des personnes qui doivent y faire face. Le pire que vous puissiez faire face à ce genre de problèmes est de ne pas les prendre au sérieux. Le ou la malade ne s’en sentira que plus coupable de son mal-être et plus isolé(e). Pour autant, en tant que proche, il est également de votre devoir d’aider la personne à se changer les idées et à respirer. N’hésiter pas à lui proposer des activités loin de toute nourriture, où vous pourrez passer un moment à décompresser ensemble.