« Le cinéma, ce n’est pas une reproduction de la réalité, c’est un oubli de la réalité. Mais si on enregistre cet oubli, on peut alors se souvenir et peut-être parvenir au réel » (Jean-Luc Godard).

Moment de détente et de socialisation

Aujourd’hui très accessible, le cinéma offre l’occasion de garder un rythme de vie actif, en sortant de chez soi et en rencontrant des personnes qui partagent les mêmes centres d’intérêts. Ainsi, il renforce les liens sociaux, tout en améliorant les habiletés sociales et de communication. En effet, regarder un film, et donc observer et s’identifier à des personnages fictifs qui interagissent ensemble, peut nous aider à développer notre empathie, à prendre conscience de ses propres sentiments et émotions et de ceux des autres, et nous amener à mieux les comprendre. C’est finalement un moyen de se tourner vers l’extérieur, mais également d’améliorer ses relations personnelles.

Regarder un film, même en restant chez soi, c’est aussi l’occasion de passer un moment agréable, qui peut être calme et apaisant, ou au contraire stimulant et captivant. C’est un bon moyen de se divertir et qui peut avoir un impact physique et émotionnel fort, qui vide la tête et ressource. C’est également une activité qui exerce à la détente, puisqu’être attentif à ce qu’il se passe sur l’écran nous permet de mettre de côté un temps notre anxiété ou nos soucis.

Moment d’intimité et de sensibilité

Si les films nous permettent de passer un moment agréable et loin de notre quotidien, ce sont aussi des générateurs d’émotions inévitables, qui peuvent être suffisamment fortes pour nous bouleverser, nous faire espérer, voire diriger nos choix, nos décisions. En effet, par le biais de la fiction, on peut être amené à considérer différemment ses problèmes, à prendre un certain recul sur des évènements vécus difficiles, et donc découvrir de nouvelles perspectives, peut-être aussi trouver des solutions.

Par exemple, regarder un film dramatique nous permet de relativiser sur notre situation réelle, et ainsi de nous rendre plus heureux temporairement. En effet, une expérience négative provoque une émotion positive car nous avons alors tendance à porter notre attention sur les aspects plaisants de notre propre vie. Par ailleurs, une recherche a montré que les fictions tragiques peuvent provoquer une libération d’endorphine, ce qui signifierait qu’il y aurait une atténuation physique de la douleur !

Moment de réflexion et de développement cognitif

Se divertir et réfléchir, développer sa curiosité et acquérir des valeurs humaines et sociales, s’instruire et débattre sont autant de bénéfices, à la fois sociaux et culturels, que le cinéma peut apporter. En effet, les débats post-séances sont relativement courants et amènent bien souvent à discuter de thématiques essentielles, tout en étant un espace d’apprentissage complet et multidimensionnel.

Le cinéma est également stimulant pour les fonctions cognitives, et notamment la mémoire, mais également pour développer sa créativité (modifications des schémas mentaux) et sa réflexion (questions existentielles, vitales, spirituelles, réelles). Finalement, c’est une mise en pratique de la théorie de l’esprit, qui désigne cette capacité à décoder nos processus émotionnels, en plus de porter une réflexion sur les sentiments et les pensées des autres.

Effets au niveau psychologique et filmothérapie

Finalement, le cinéma provoque tout un tas d’émotions et de comportements chez nous, qui peuvent être canalisés et utilisés pour optimiser notre santé mentale. On peut d’ailleurs noter qu’un film ressemble par sa durée et son intensité à une séance de thérapie. De plus, c’est un outil d’apprentissage, avec des effets au niveau cognitif, mais également d’identification aux personnages, d’attention et de sociabilisation (outil intégrateur).

Par conséquence, le cinéma révèle de nombreux bienfaits :

  • Prendre conscience de problèmes éventuels : appropriation de certains sentiments et émotions d’un personnage fictif qui nous ressemble, grâce à l’identification et à l’empathie.
  • Travailler la conscience : affronter ses peurs et ses craintes à travers les drames ou les films d’horreur, et apprendre à les relativiser, voire à les faire taire.
  • Repenser nos attitudes négatives : et ainsi trouver de nouvelles perspectives qui peuvent nous amener à un changement de comportement.
  • Recevoir des valeurs : souvent transmises ou révélées par la fiction, qui émeut, instruit, inspire, renforce, étonne…
  • Verser une larme réparatrice : permettre à nos émotions les plus intimes de se libérer dans la discrétion d’une salle plongée dans le noir.
  • Aide au deuil : que le cinéma nous fasse oublier ou au contraire ravive les souvenirs, il peut adoucir le désamour ou la perte.
  • Fonction cathartique : la passion, la peur, la colère, la tristesse, sont autant d’émotions fortes qui sont de ce fait vécues sans souffrir des véritables effets.

C’est ainsi que naît la notion de filmothérapie, une thérapie basée sur les séries et les films, visant à développer de nouvelles perspectives sur nous et le monde qui nous entoure mais également, plus intimement, à apprivoiser sa propre histoire et réaliser que notre vie a un sens précis malgré les épreuves qu’elle nous impose. A travers l’identification aux différents protagonistes et au travail sur les idées et les notions délivrées au travers du grand écran, elle devient un outil de développement personnel qui nous aide à devenir le sujet de notre propre histoire, grâce à un exercice d’analyse consciente d’un film qui se rapproche le plus possible de notre propre situation. Enfin, une explication et une interprétation des connexions et des similitudes avec sa propre situation transforme le cinéma en une véritable médiation, qui permet aux psychologues et aux coachs de travailler de manière très concrète.

Finalement, le 7ème art permet de traiter n’importe quel sujet sur n’importe quel ton, et ainsi de faire passer de nombreuses émotions, mais aussi réflexions, qui nous poussent à réfléchir sur des questions générales autant que personnelles. C’est donc un outil qui peut se révéler tout à fait complémentaire à la thérapie, en débloquant à la fois la parole et la pensée.