Nous sommes le mercredi 28 octobre 2020, il est 20h, et comme la grande majorité des français tu es assis, les yeux accrochés à ton écran, buvant mot par mot le flot de paroles du président Macron. Une annonce est faite. Ce dernier confirme l’adoption d’un second confinement. Une nouvelle qui, bien que dure à digérer, témoigne d’une nécessité et de l’urgence de la situation sanitaire.

En terme de surprises, 2020 avant même sa fin se voit décerner tout les oscars, égoïste d’en céder ne serait-ce qu’un seul à une année voisine. Aujourd’hui pour sourire, il faut plisser les yeux au lieu de plisser  les lèvres, et pour voir ses amis, pas besoin de prendre les transports, ni de se défaire de son pyjama si confortable, ils se trouveront derrière l’écran de votre téléphone.  Nous voilà ainsi plongés dans une société qui voit la majeure partie de ses repères remaniés.

Tu l’as très certainement compris à tes propres dépens lors du premier confinement, l’annonce du second est sur le point de chambouler ton train de vie habituel une nouvelle fois. En France comme ailleurs, la pandémie atteint notre santé mentale à tous. Selon une étude menée par des centres pour le contrôle et la prévention des maladies, en juin, 40% de la population américaine a déclaré avoir au moins un trouble mental ou comportemental (1). À côté de cela, une analyse menée par des chercheurs de l’université d’Oxford a révélé que près d’une personne sur cinq diagnostiquée avec la COVID-19 est atteinte d’un trouble psychiatrique comme l’anxiété, la dépression ou l’insomnie dans les trois mois qui suivent (2). En effet ces troubles qui sont multiples et variés, décrivent les effets conjoints du confinement et de la COVID-19 sur la santé mentale. Ils se présentent comme suit : 

LES INFOS :
- Anxiété :

Force est de constater que le sentiment d’anxiété a augmenté de façon spectaculaire pendant le premier confinement chez les personnes ayant une condition médicale préexistante (3), mais également de façon un peu moins forte sur l’ensemble de la population.
Des facteurs comme l’exposition constante à des informations concernant le virus, parfois contradictoires, favorisent cette augmentation. Selon le psychologue Steven Stony, ce type d’anxiété est appelé « headline stress disorder » (« trouble anxieux lié aux médias »). (4)
En parallèle, Epi-phare, un groupement d’intérêt scientifique, note dans son dernier rapport une nette surconsommation d’anxiolytiques en France pendant la même période. (5) Une augmentation qui est le reflet d’un mal-être consciemment vécu.

- Troubles du sommeil :

Par ailleurs, on a noté que les troubles du sommeil concernaient deux Français sur trois, ceci en septembre. En effet, la recherche scientifique a enregistré de grandes perturbations de nos rythmes biologiques dues au confinement. Ainsi, le fonctionnement de nos rythmes veille-sommeil dépendent de facteurs environnementaux appelés « Zeitgeber » ou donneurs de temps (l’exposition à la lumière du jour par exemple). Or, en situation de confinement un grand nombre de ces paramètres se retrouvent bousculés et donc causant un dérèglement. En parallèle, le stress engendré par la situation sanitaire peut également être un facteur de développement de symptômes insomniaques. (4)

- Troubles dépressifs :

Selon Épi-phare, la prévalence d’états dépressifs a atteint des niveaux relativement élevés à la fin de mars (premier confinement) dans plusieurs régions de France (25% dans le Grand- Est, 27.7% en Centre-Val de Loire) (5). Des facteurs comme l’angoisse financière, la perte d’un proche, la culpabilité,  le fait de ne plus être professionnellement et socialement valorisé ou encore l’ennui, alliés redoutables, peuvent agir comme des facteurs facilitateurs des symptômes dépressifs. (4)

- Violence conjugale et enfant victimes de violences :

44 235 appels au 3919 (Violence femme info) ont été effectués pendant le premier confinement. Un chiffre reflet de la multiplication, sans précédent, des violences conjugales en France. De la même façon, les violences envers les enfants ont augmenté de 60% en avril 2020, avec une augmentation de 20% des appels au 119 (Service d’accueil téléphonique pour l’enfance en danger). Ainsi, de nombreux facteurs liés à cette périodes épidémiques, comprenant la perte des repères, le faible revenu ou encore l’isolement social, peuvent exacerber les risques de violences intrafamiliales. (4)

NOS TIPS POUR SURVIVRE À CE SECOND CONFINEMENT :
  • Ne pas négliger sa vie sociale : Il faut garder un lien avec les autres. Confinement ne rime pas forcément avec solitude, des sms aux visio-conférences, vous avez un large panel de possibilités pour garder contact avec vos proches.
  •   Faire du sport : Le temps qu’offre ce confinement est l’occasion rêvée de vous lancer dans ce fameux challenge d’abdos dont vous avez entendu parler, ou simplement de prendre soin de vous en prenant soin de votre corps.

  • Renouer avec ses anciennes passions ou en découvrir de nouvelles : que ce soit en prenant du plaisir à cuisiner de bons plats, ou que ce soit les déguster qui vous tient le plus à cœur, essayer de dédier ce nouveau temps libre à une passion vous fera le plus grand bien.

  •  Limitez votre consommation d’informations concernant la COVID-19 à des sources fiables. (Non, vous ne guérirez pas de la COVID-19 en buvant de l’eau de javel !)

  •  Pratiquer de la méditation : pratiquer un type de méditation comme le Yoga, que ce soit de façon autonome ou guidée peut se montrer très apaisant et destressant.

VERS QUI VOUS DIRIGER EN CAS DE DÉTRESSE :
  • Di Paradise : offre un suivi psychologique de 8 séances totalement gratuit et personnalisés pour les jeunes en détresse. Cela aux côtés de psychologues compétents disponibles en présentiel et/ou à distance selon vos attentes et disponibilités.
  • SOS amitié : Il s’agit d’un service d’écoute destiné à accueillir la parole de celles et de ceux qui, à un moment de leur vie, traversent une période difficile. Permanence d’écoute téléphonique 24h/24h, 7j/7. Numéro : 01.42.96.26.26
  •  La plateforme téléphonique du gouvernement : Le gouvernement a mis en place un numéro vert afin d’accompagner et d’aider la population française en détresse psychologique, disponible 24h/24 et 7j/7. Numéro : 08.00.13.00.00.
  •  La ligne téléphonique de la Croix-Rouge : Des bénévoles formés au soutien psychologique sont disponibles de 8h à 20h pour vous soutenir. Numéro: 09.70.28.30.00
  • Suicide écoute : Il s’agit d’une permanence d’écoute téléphonique disponible 7j/7, 24h/24 pour prévenir le suicide. Numéro: 01.45.39.40.0

Bibliographie :
  1. CzeislerMÉ , Lane RI, Petrosky E, et al. Mental Health, Substance Use, and Suicidal Ideation During the COVID-19 Pandemic — United States, June 24–30, 2020. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2020;69:1049–
  2. Wamsley, L. W. (2020, 11 novembre). NPR Choice page. Consulté le 13 novembre 2020, à l’adressehttps://choice.npr.org/index.html?origin=https://www.npr.org/sections/coronavirus-live- updates/2020/11/11/933964994/after-covid-diagnosis-nearly-1-in-5-are-diagnosed-with-mental- disorder?t=1605263832965
  3.   Thombs, B. D., Kwakkenbos, L., Henry, R. S., Carrier, M.-E., Patten, S., Harb, S.,… Ellis, K. (2020). Changes in mental health symptoms from pre-COVID-19 to COVID-19 among participants with systemic sclerosis from four countries : A Scleroderma Patient-centered Intervention Network (SPIN) Cohort study. Journal of PsychosomaticResearch, 139, 110262. https://doi.org/10.1016/j.jpsychores.2020.110262
  4.   Mengin, A., Allé, M. C., Rolling, J., Ligier, F., Schroder, C., Lalanne, L.,…Giersch, A. (2020). Conséquences psychopathologiques du confinement. L’Encéphale, 46(3), S43-S52. https://doi.org/10.1016/j.encep.2020.04.007
  5. S.K. Brooks, R.K. Webster, et al.The psychological impact of quarantine and how to reduce it: rapid review of the evidenceLancet 2020, 395 (2020), pp. 912-920, 10.1016/S0140-6736(20)30460-8Epub 2020 Feb 26