Si je vous dis anorexie, peut-être saurez-vous m’expliquer approximativement ce que c’est. Cependant, si je vous parle d’anorexie mentale, en sauriez-vous autant ? L’anorexie mentale est catégorisée dans les troubles du comportements alimentaires, et affecte à la fois la sphère psychique et la santé physique. 0,4% des femmes chaque année sont touchées par cette maladie et mènent un combat sans fin tous les jours pour s’en sortir. C’est pourquoi, cet article a pour ambition d’éclaircir ainsi que d’amorcer ce trouble peu connu de façon claire et précise.

Qu’est-ce que l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire touchant majoritairement le sexe féminin, et plus particulièrement les adolescentes ou jeunes adultes. Ce trouble est caractérisé par trois symptômes principaux, d’après le DSM-V.


Le refus de s’alimenter correspond au premier symptôme. De fait, l’anorexique s’engage dans une lutte contre la faim. Il adopte des conduites de restriction quantitative ou qualitative. Les conduites quantitatives consistent à réduire les quantités alors que les conduites qualitatives se manifestent par la sélection des aliments les moins caloriques. Cette restriction alimentaire entraine un refus de garder un poids normal, selon les critères médicaux d’un poids significativement faible. L’amaigrissement est une conséquence des pensée obsédantes du patient sur son alimentation, qui devient alors son principal centre d’intérêt.


A ce premier symptôme s’ajoute une peur intense de grossir ou un comportement interférant avec la prise de poids. Ce comportement se caractérise souvent par un évitement actif des aliments qui « font grossir ». Les comportements de compensation comme les vomissements ou la pratique excessive d’une activité sportive visent à accélérer la perte de poids ou à compenser des prises alimentaires. Il s’agit de l’hyperactivité physique.


Le troisième symptôme est l’image de son propre corps, de son poids. Les personnes touchées par l’anorexie mentale sont obsédées par leur apparence et leurs poids. Elles ont une perception de leur corps altérée et pathologique. Elles se trouvent grosses et ont parfois du dégout pour certaines parties de leur corps.  De plus, cette perception pathologique a un fort impact sur l’estime de soi. Les patients se dévalorisent fortement et ont du mal à s’aimer. Cela s’accompagne la plupart du temps d’un déni du trouble.


Il est important de noter que l’anorexie mentale diffère de l’anorexie médicale sur plusieurs aspects. Tout d’abord, l’anorexie médicale ne rentre pas dans les troubles du comportement alimentaire, contrairement à l’anorexie mentale. L’anorexie médicale a pour symptôme principal la perte d’appétit involontaire. Contrairement à l’anorexie mentale qui est définie par la lutte contre la faim. De plus, la perte d’appétit provient généralement d’un problème de santé, psychologique ou d’une prise de substances, médicaments. A l’inverse, l’anorexie mentale est un trouble dont la cause principale est le caractère obsessionnel de l’image du corps.

Quels sont les facteurs liés à l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est reliée à de nombreux facteurs, de différentes natures que l’on va expliciter ci-dessous. Il est important de les prendre en compte afin de savoir ce qui déclenche, maintien et aggrave le trouble. On peut les regrouper en quatre catégories :

  • L’insatisfaction corporelle (facteurs personnels et socioculturels): l’’insatisfaction corporelle et la pression sociale sont des facteurs prédicteurs de l’anorexie mentale. De fait, une majorité des adolescentes souffrant d’anorexie mentale sont fortement préoccupée par leur apparence et leurs poids. Cette préoccupation résulte d’une pression de minceur véhiculée par la société.  En effet, les adolescentes sont exposées à une norme de minceur, notamment avec l’image de l’idéal féminin d’extrême minceur. Cela entraine une insatisfaction, un désir de perte de poids et peut déboucher sur l’anorexie mentale.
  • L’entourage familial : il a été montré que les comportements correspondant à l’anorexie mentale comme la restriction alimentaire peuvent être retrouvés chez les parents. Il s’agirait donc d’un apprentissage social, par imitation. De plus, les commentaires sur le poids du patient ou moqueries de l’entourage augmenterait le risque et l’apparition des comportements. Néanmoins, il est important de noter que les parents ne sont pas responsables du trouble de leur enfant.
  • Déterminismes biologiques : Les effets biologiques comme la dénutrition aggravent l’état psychologique du patient. Elle renforce les schémas pathologiques de pensée et les stéréotypes associé à l’image corporelle. Il s’agit d’un facteur aggravant et contraignant pour la prise en charge psychothérapeutique.

Quels traitements ?

L’anorexie mentale nécessite une prise en charge pluridisciplinaire. Le traitement est composé d’une intervention pharmacologique pour le retour à un poids normal. Mais aussi nutritionnelle pour rééduquer et réintroduire une bonne l’alimentation ayant pour objectif une prise de poids. Enfin, s’ajoute une intervention psychothérapique que l’on va détailler. Cependant, il est important de retenir que le succès du traitement repose sur la collaboration et l’approche dynamique des différents types d’interventions. Sans l’une des trois modalités, le traitement est fortement compromis. Par exemple, si l’alimentation n’est pas améliorée, la psychothérapie verra son efficacité diminuer. C’est pourquoi, dans certains cas, une hospitalisation est nécessaire.


De nombreuses thérapies peuvent correspondre : thérapies cognitivo-comportementales, psychanalytiques, familiale ou individuelle… Pour illustrer la méthode d’intervention thérapeutique, on peut s’appuyer sur la psychothérapie cognitivo-comportementale. Elle travaille sur les cognitions dysfonctionnelles, les habilités sociales et la résolution de problèmes. Ils utilisent également des méthodes de relaxation et une organisation des activités précise.


Néanmoins, des principes fondamentaux sont à appliquer pour traiter l’anorexie mentale avec efficacité. En outre, il est essentiel de faire du soutien à l’entourage pour favoriser la communication et la bonne entente avec le patient anorexique. Des relations saines avec la famille et les proches favorise la rémission.

Ce trouble impacte durablement la vie de jeunes filles déstabilisée et en souffrance. Elles voient leur vie sociale ou professionnelle significativement altérée. L’adolescence étant une période essentielle pour le développement, cette conséquence est difficilement gérable. Néanmoins, connaitre l’anorexie mentale permet de les comprendre et d’accueillir avec bienveillance leur souffrance.

Bibliographie :