• Peux-tu te présenter ? 

Je m’appelle Isia, j’ai 19 ans, je suis étudiante en psychologie et je suis une femme transgenre. 

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  • Peux-tu m’expliquer avec tes mots ce qu’est le genre ? La différence avec le sexe ? Et qu’est-ce que la trans-identité ? 

Selon moi, le genre est ce qui nous définit. C’est ce que l’on est au fond de nous. Donc par exemple une femme est une personne dont le genre est femme, un homme est une personne dont le genre est homme.

Enfin une personne non-binaire est une personne dont le genre n’est ni exclusivement homme ni exclusivement femme. 

Par contre le sexe n’est pas le genre. Le sexe est un corps. Le sexe est féminin ou masculin mais il ne définit pas ce que nous sommes mais plutôt ce que nous avons comme sexe. C’est une enveloppe corporelle tout bêtement.

Cela me fait penser à une question que l’on me pose souvent : est-ce qu’il faut dire « transgenre » ou « transsexuelle » ? Et bien le mot « transsexuel.le » viens du mot « transsexualisme » qui était le terme employé à l’époque par les médecins lorsque la transidentité était considérée comme une maladie mentale. De plus le suffixe « sexuel.le » sous-entend qu’une opération génitale a eu lieu, or il n’est pas nécessaire d’être opéré pour être transgenre. 

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  • Peux-tu me parler de ton vécu ? Comment as-tu su que tu étais concernée ? 

J’ai toujours su que j’étais une femme quelque part. Depuis petite. Mais étant donné que je n’avais pas les connaissances sur ce sujet ni quelqu’un pour me l’expliquer, je l’ai compris lorsque que j’étais au collège. 

Quand j’étais petite, en école primaire, je pensais que j’étais fille comme les autres puis très vite je me suis rendu compte que ce n’est pas le cas. J’ai vu que j’avais un corps, un sexe masculin et n’ayant pas le savoir pour me guider je me suis renfermée et je me suis dit que je devais garder ce secret pour moi. Par contre, je me souviens encore que tous les soirs, quand j’étais dans mon lit juste avant de dormir, je faisais une sorte de prière où je souhaitais « être une fille » plus précisément avoir un corps féminin pour être comme toutes les autres filles de mon école. Et donc je me disais que quand je me réveillerais le lendemain, j’aurais ce corps. J’aurais cette vie comme tout le monde. J’ai fait cela pendant une longue durée, jusqu’au collège il me semble. Au collège j’ai assumé au départ ce que les autres pensaient être de l’homosexualité étant donné qu’ils me voyaient comme un homme, alors que j’étais hétérosexuelle étant donné que je suis une femme transgenre depuis la naissance. Le collège ne m’a pas aidé à m’aimer, ni à avoir confiance en moi car j’ai vécu du harcèlement, ce qui m’a fait me renfermer sur moi-même. Mais plus le temps passait, plus j’étais mal de ne pas savoir comment j’allais avoir une vie future qui allait me plaire. J’ai donc cherché sur internet et il me semble que je me suis renseignée comme cela. 

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  • Comment cela s’est-il passé pour l’annoncer à tes proches ?

Il me semble que ma cousine était déjà au courant puisque que l’on parlait énormément et donc elle le savait plus ou moins. En ce qui concerne mes amies, car j’ai commencé d’abord par mes amies, majoritairement ils s’attendaient à cette annonce, et cela n’a pas était dur ni compliqué mais ils avaient au contraire plusieurs questions.

En ce qui concerne ma famille, mes parents, cela s’est relativement bien passé également. Évidement c’était un choc pour mes parents dans le sens où, comme tout parent, ils ont fait une projection de leur enfant qui n’est finalement pas celle-ci. Mais ils l’ont rapidement accepté car le principal pour eux, c’est que je sois heureuse dans ma vie. 

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  • Quel conseil peux-tu donner aux personnes se posant des questions et aux personnes non concernées par cette question ? 

Je donnerais le même conseil pour les personnes concernées comme pour les non-concernées : se renseigner.

Même si on ne parle pas encore assez de ce sujet en société, il existe des vidéos YouTube où des gens expliquent leurs expériences, leurs vécus, ou tout simplement des explications sur ce sujet. Il existe également des groupes Facebook où il y a des témoignages, des questions/réponses.

Alors pour les personnes se posant des questions, cela va vous aidez à trouver certainement des réponses que vous n’aviez pas, ou simplement de voir que vous n’êtes pas seul.e à vous poser des questions car c’est normal ! 

Et pour les personnes qui ne se sentent pas concernées, c’est aussi important car cela permettra une meilleure ouverture d’esprit.

Mais surtout le conseil que je donnerais, c’est d’en parler, que vous soyez concernés ou non il faut en parler, à votre famille, à vos proches, parlez de ce sujet même si l’on ne se sent pas concerné. Juste en parler aidera à une meilleure ouverture d’esprit.