Il y a quelques mois, j’ai contacté Alicia, alias @pop__psy car j’avais quelques questions à propos de ma propre scolarité. Aujourd’hui, j’ai pris l’initiative de réaliser son interview, afin que ses conseils puissent être précieux pour d’autres étudiants, notamment en cette période délicate.

  • Parle-nous de ton parcours scolaire ! Quels sont tes projets d’avenir ? 

Je n’ai pas atterri en psychologie par le parcours dit « conventionnel ». Après avoir eu mon bac S spé SVT mention AB je me suis orientée vers une PACES. Mon rêve depuis toute petite était de devenir médecin ou sage-femme. J’ai raté ma première année de PACES en terminant 1009ème sur 1939 en médecine. J’ai donc décidé de redoubler ma PACES en mettant les bouchées doubles. Malheureusement cela n’a pas suffi et j’ai raté sage-femme de 15 places seulement. 

Je me suis donc réorientée en licence de Psychologie en effectuant une passerelle directement vers la 2ème année à l’Université de Montpellier. A ce moment-là mon but premier n’était pas de poursuivre en psychologie mais bien de réussir à avoir un master pour ensuite effectuer une passerelle via une sélection permettant d’entrer en 2ème année de sage-femme ou de médecine. Finalement, je me suis découvert une réelle passion pour la psychologie et j’ai même effectué un stage de 35h en milieu carcéral qui m’a fait mûrir et m’a conforté dans ce choix d’orientation. Après avoir réussi ma L2 avec 15.33 de moyenne j’ai effectué un transfert à l’Université de Nîmes. Ce transfert, en plus de me permettre de me rapprocher de ma famille et de mon copain, me permettait également d’avoir plus de chance d’intégrer le Master Psychologie Clinique et Psychopathologie en Thérapie Cognitive Comportementale et Emotionnelle que je convoitais. J’ai validé ma L3 avec 14.93 de moyenne générale et une mention Bien. J’ai aussi effectué un stage de 105h en milieu carcéral auprès d’un psychologue clinicien formé aux TCC ce qui m’a conforté dans le choix de mon projet professionnel. J’ai obtenu l’année dernière ma Licence de Psychologie avec 15.13 de moyenne et j’ai été acceptée au M1 TCCE de mon Université à Nîmes. 

Cette année j’effectue deux stages différents (300h au total) : un au CHU Caremeau à Nîmes – pôle psychiatrie enfants/adolescents TDA/H et un autre dans les collèges et lycées d’Orange, Carpentras, Bédarrides, … A la fin de mon Master j’aimerais travailler à mi-temps en milieu hospitalier (addictologie, pédiatrie, cancérologie, psychiatrie, …) et en milieu carcéral (USMP). A terme j’aimerais m’installer en libérale dans un cabinet avec d’autres professionnels de la santé (kiné, médecin, diététicien, infirmier, orthophoniste, …). Je compte également effectuer des DU en criminologie/victimologie, EMDR et hypnose médicale ainsi qu’apprendre la langue des signes. 

  • Comment as-tu vécu la sélection en Master ?

La sélection a été très dure pour moi psychologiquement. J’avais fait 18 candidatures donc il a fallu que je m’organise. Le temps d’attente pour les admissions des facs a été vraiment très long et m’a paru interminable. De mai à juillet j’ai fait énormément d’insomnies car je cogitais beaucoup… Vais-je être prise dans le Master que je veux ? Vais-je être prise dans au moins un Master ? Vais-je devoir partir à l’autre bout de la France ? Que vais-je faire si je ne suis prise nulle part ? Quel plan B existe-t-il ? … De plus, je savais que les réponses pouvaient tombées jusqu’à minuit donc je restais éveillée jusqu’à cette heure minimum. Je me suis isolée car je me suis sentie très seule pendant cette période. Ma famille et mon copain ne comprenais pas car je restais alerte toute la journée, à l’affut du moindre mail que je recevais, de la moindre notification sur mon portable. Cela a créé de nombreux conflits entre nous. Les refus des universités ont également été très dur à recevoir. D’autant plus que les motifs étaient dévalorisants et m’ont fait perdre confiance en moi alors même que j’avais fini 4ème de ma promo et validée mon semestre avec une mention Bien : « acquis insuffisants », « résultats insuffisants », « connaissances et savoir-faire insuffisants » … Puis les premières acceptations sont tombées et j’ai repris un peu de joie et de motivation. Le 6 juillet lorsque j’ai été acceptée dans le Master que je souhaitais j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, j’en tremblais. Ma revanche sur la PACES était enfin là et une nouvelle page se tournait pour moi.

  • Quels sont selon toi les plus grosses difficultés que tu as pu rencontrées durant ta scolarité ou pendant tes expériences professionnelles ?

Je dirais avant tout les professeurs qui vous mettent des bâtons dans les roues. Vous savez ceux qui vous disent que vous n’y arriverez jamais, que vous n’êtes tout simplement pas faite pour ce métier et que de toute manière c’est le destin si vous avez échoué. Après mon échec en PACES j’ai perdu ma bonne humeur, ma motivation et mon rêve s’est envolé. Il m’a fallu presque 1 an pour faire mon deuil et repartir sur de bonnes bases. Je n’aurai donc qu’une seule chose à conseiller : ne jamais écouter les gens qui veulent vous dévaloriser si c’est votre rêve vous finirez par y arriver même si vous ne passait pas par le chemin dit « classique ».

  • En ce temps de COVID, comment gères-tu les études ?

Disons que je gère comme ça vient … Un peu comme tout le monde je pense. Je suis retournée chez mes parents car je sais que j’aurais été mal si j’étais restée toute seule chez moi. J’essaye de prendre du temps pour moi : je li, je joue à Animal Crossing, je regarde des séries Netflix, je me fais des masques pour le visage, je m’occupe de faire la couleur de cheveux de ma mère et de l’une de mes sœurs, je promène mon chien, je profite de mon copain. Sans ces quelques moments de pause je me sens mal et j’ai l’impression d’avoir une humeur triste tous les jours de la semaine. Je suis dans les mois banalisés pour mon stage alors en ce moment je profite même si c’est fatiguant car je pratique enfin mon futur métier et j’apprends plein de chose ! Cependant, je vous avouerais que j’appréhende un petit peu la reprise de mes cours en distanciel le 15 mars. Si je le pouvais je resterais en stage toute l’année !

  • Quels conseils peux-tu donner aux étudiants qui vivent une situation très délicate de par la crise sanitaire ?

Tout d’abord, si vous avez une quelconque difficulté, si vous vous sentez mal, si vous êtes en difficulté financière ou au niveau de vos études surtout parlez-en à quelqu’un ! Ne restez pas seul c’est très important. Entre étudiants nous sommes aussi là pour nous soutenir les uns les autres. N’oubliez pas que vous faites tous partie d’une grande famille et qu’il y aura toujours quelqu’un pour vous aider ou simplement vous écouter car qui mieux qu’un étudiant peut comprendre ce qui vit un autre étudiant en cette période. De plus, même si vous êtes seul chez vous, trouvez-vous des activités qui vous plaisent et que vous pourriez faire de temps en temps : la peinture, le dessin, la lecture, les séries, … ou tout simplement accordez-vous des petits plaisirs : allez manger à macdo, buvez un chocolat chaud, un thé devant vos séries préférées, appelez vos amis, faites-vous des groupes de travail sur teams, des apéros sur teams, appréciez votre café du matin, … Il serait aussi trop simple de vous dire de rester fort. Je n’aime pas ce mot, il ne veut rien dire. On a tous le droit de se sentir mal, de pleurer, de demander de l’aide. Cela ne fera jamais de vous quelqu’un de faible bien au contraire ! Je préfère donc utiliser la phrase : restons unis nous tous étudiants !

N’oublie pas que tu as la possibilité de te tourner vers le suivi psychologique gratuit de di paradise (https://di-paradise.com/beneficier-du-soutien-psychologique/ ) si tu en ressens le besoin.