Le binge-drinking, une nouvelle forme de consommation d’alcool chez les adolescents ainsi que les jeunes adultes, s’est développé durant la dernière décennie et a pris de la grandeur, avec, une grande influence sociale.
Le fait qu’un jeune individu adopte un comportement socialement partagé par les autres personnes de sa génération permet à ce dernier de s’inscrire dans un groupe et de s’identifier au sein de celui- ci.
Nous sommes tous allés à des fêtes où il y se trouvait de l’alcool, en plus ou moins grande quantité. Pour certains, la tentation de consommer ce dernier est forte et l’influence qui l’accompagne est encore plus forte. Par exemple, vous pouvez voir tous vos amis s’amuser en buvant de façon intensive des boissons alcoolisées et ils vous poussent à faire de même. Une pression sociale s’impose (à vous), en vous obligeant en quelque sorte de boire même si vous en aviez pas envie.

Cependant, ce phénomène n’est pas sans conséquences :

– Une consommation d’alcool peut entraîner ce que nous appelons des black-outs…

Un ‘black-out’ causé par l’alcool est une amnésie de n’importe quel évènement/épisode alcoolique sans perte de conscience. Cela se caractérise par une altération de la mémoire lors d’une intoxication alcoolique. Ce terme n’est pas à confondre avec l’évanouissement. Deux types de black-out existent. Un black-out en bloc est une amnésie complète d’évènements qui sont rappelés facilement lors de circonstances ‘normales’. Ce qui caractérise une amnésie complète est que la perte d’un épisode spécifique de mémoire est définitive et ne peut pas être rappelée. En ayant un black-out fragmenté, une récupération de souvenirs lors de l’évènement alcoolisé peut être possible et peut être facilité par les rappels. Bien qu’au départ, le sujet puisse ne pas savoir qu’il manque de mémoire, les rappels lui permettent de se souvenir des éléments oubliés (Jennison, KM et al., 1994).

– Une consommation d’alcool augmente les risques de viol

Une étude longitudinale a été mené par Jenna L. McCauley et al. en 2010, sur la relation entre le comportement de binge-drinking et les expériences de viol de femmes qui ont déjà subi un viol, ou une tentative. Les analyses ont montré que la consommation intensive d’alcool en peu de temps (binge-drinking) augmentait considérablement le risque de viol ultérieur, et les buveurs excessifs mensuels étaient significativement plus susceptibles de subir un viol lié à l’alcool qu’un viol forcé.

– Une consommation d’alcool peut finir aux urgences

À cause d’une consommation excessive d’alcool, le motif fréquent de recours aux urgences chez les adolescents est le coma éthylique. D’autres motifs peuvent être le décès, les traumatismes, et les troubles du comportement avec un risque d’agression sexuelle (50% des adolescentes abusées sexuellement sous l’emprise d’alcool), selon A. Chassevent et al. en 2013.

– Une consommation d’alcool peut créer à terme des lésions neurologiques

Dû à la consommation intensive d’alcool en très peu de temps, les binge-drinkers vont développer des lésions d’ordre neurologique et donc leur fonctionnement cognitif va subir un impact. Le phénomène de binge-drinking va causer des déficits attentionnels, mnésiques, et des fonctions exécutives (Maurage, 2015).
Les individus vont subir un impact au niveau de leur mémoire, et cette dernière est une fonction cognitive qui est très complexe à étudier, mais qui nous reste importante au quotidien. Selon Tulving en 1976, elle permet l’enregistrement, la conservation ainsi que la restitution des informations lointaines ou proches. Dans l’alcoolo-dépendance, la mémoire épisodique va subir des impacts et des altérations (à travers le black-out), ainsi que la mémoire de travail et les fonctions exécutives (Notre mémoire : comment fonctionne et se développe t-elle?)

– Une tendance en hausse : un peu de statistiques pour illustrer ce phénomène

Il faut savoir que la consommation ponctuelle de boissons alcoolisées ainsi que la fréquence de l’ivresse ces dernières années en France sont en hausse parmi les jeunes adultes et les adolescents (selon Beck et al. en 2014). Une enquête Escapad en 2005 avait été réalisée sur l’expérimentation d’alcool et les résultats de cette dernière montraient que 92% des jeunes âgés de 17 ans ont eu une expérience avec l’alcool. Une autre enquête HBSC avait été réalisé en 2006 où 84% des jeunes déclarent avoir déjà bu de l’alcool à 15 ans. Ces deux enquêtes parmi tant d’autres permettent de démontrer l’ancrage culturel de l’alcool dans notre société (Beck et al., 2008).

Nous avons tous eu des expériences avec l’alcool, mais le binge-drinking est une manière dangereuse de consommer. En effet, celle-ci a plusieurs conséquences comme les possibles altérations neurologiques, des coma éthyliques, des black-outs etc. Il y a cependant d’autres manières de consommer de l’alcool, notamment en étant plus responsable et en essayant d’éviter les pressions sociales qui nous pousse à boire plus, et plus vite.