Nous allons aborder le thème du creeping, il s’agit d’un sujet certes, très peu connu mais qui concerne plus d’une bonne poignée de personne et peut avoir de nombreuses répercussions, ce qui explique le fait qu’il est important d’aborder ce sujet aujourd’hui !  

  • C’est quoi, le « creeping »?

Le creeping, ou « la compétition intra sexuelle » comme l’a nommé Darwin, est un phénomène de comparaison sociale qui s’appuie sur des critères essentiellement physiques qui peut intervenir de façon totalement inconsciente. Ce phénomène est notamment très présent depuis l’émergence de certains réseaux sociaux.

Pour illustrer ce mécanisme, prenons pour exemple une situation qui pourrait se dérouler au quotidien et ce à quoi nous nous sommes déjà exposé au moins une fois : le matin, vous vous levez, vous prenez votre smartphone et vous consultez Instagram, soudain, vous voyez passer une photo de quelqu’un que vous trouvez très joli(e) et vous commencez à regarder l’intégralité de ses photos sur son profil, et ensuite vous vous surprenez à penser que cette personne est sacrément belle, plus belle que vous. C’est à ce moment que commence la comparaison, le fameux creeping, qui surgit de façon quasi instinctive. Le creeping peut donc être à l’origine du pourquoi vous ne vous sentez jamais beau ou belle. De plus, une faible estime de soi peut en être la conséquence directe.

  • La rivalité intra sexe d’un point de vu expérimental

Des chercheurs en psychologie sociale ont mené une expérience mettant en avant le fait que le taux de testostérone augmente chez les femmes à qui on aurait fait sentir un t-shirt d’une autre femme durant sa période d’ovulation, ce qui engendrerait ensuite une augmentation des comportements de dominance et de compétition. Nous pouvons donc émettre l’hypothèse que cette tendance compétitive résulterait d’un fonctionnement biologique.

Aussi, de nombreuses études en psychologie sociale ou mené par les gender studies montrent que les femmes auraient tendance à se minorer elles-mêmes au sein de notre société. Par exemple, durant une conversation banale où plusieurs femmes se comparent les unes aux autres dans le but de se dévaloriser. A ce moment-là, le creeping vient à l’esprit de façon pleinement consciente. Par exemple, lorsque-vous, mesdames, vous discutez avec une copine qui vous dit qu’elle trouve ses jambes plutôt enrobées, ce à quoi vous lui répondez « mais tu plaisantes, si les tiennes sont grosses, qu’est ce que je devrais dire. »

  • Comment y résister?

Il serait faux de penser que le creeping n’aurait que des causes biologiques, c’est un phénomène qui est en permanence alimenté par notre environnement social et ce depuis bien longtemps dans l’histoire. Cependant, il est possible, (et fortement conseillé) de ne pas tomber dans le piège de la comparaison physique car cela est source de frustration.

Le creeping revient à faire passer les physiques que l’on voit sur la toile pour la normalité, alors qu’en réalité, il s’agit d’une très grande minorité. Mes conseils pour ne pas rentrer dans le cercle vicieux de la comparaison sociale, et surtout la tentation de se comparer physiquement par le biais des réseaux sociaux sont :

  • Forge ton estime de soi : ton physique et tes traits de personnalité te rendent unique. Tu n’as pas besoin de ressembler aux autres pour être belle ou beau. Il faut prendre conscience de ses atouts pour ne pas se focaliser que sur ses propres défauts,
  • Ne fait pas d’Instagram une réalité : car ce qui est beau, c’est la diversité, culturelle et corporelle,
  • Passe moins de temps sur les réseaux sociaux,
  • Avoir recours à des techniques de valorisation en cherchant des compliments à la place des défauts chez les autres,
  • Et enfin, le plus important selon moi : apprends à t’aimer toi-même : pour cela, je t’invite à lire l’article d’Asia Sofia Dale qui parle du self love.

La comparaison sociale n’est pas quelque chose de grave en soit, mais on y gagnerait beaucoup à en prendre conscience et à éviter d’être contrôlé par ce phénomène ; Soyons solidaire entre nous, il y a de la place pour chacun(e)