Le trouble de la personnalité borderline touche en moyenne 1,6 % de la population et handicape fortement la vie des personnes qui en souffrent. La surreprésentation de ce trouble de la personnalité en population clinique est la raison pour laquelle nous nous y intéressons aujourd’hui. De plus, existant de nombreux fantasmes et clichés autour de ce trouble, il nous semble important de clarifier ce sujet. C’est pourquoi, cet article est dédié à la présentation et à l’explication du trouble de la personnalité borderline.

Qu’est-ce que c’est ?

Comme dit précédemment, ce trouble est l’un des plus représenté en population clinique. Il se développe généralement au début de l’âge adulte et touche principalement les femmes. Il entraine une détérioration de la qualité de vie, des relations interpersonnelles et du bien-être.
D’après le DSM-V, qui est une classification des troubles mentaux, le trouble de la personnalité borderline se défini par un « mode général d’instabilité des relations et des affects avec une impulsivité marquée, qui apparaît au début de l’âge adulte et est présent dans des contextes divers ». Cette caractéristique est essentielle pour établir un diagnostic de trouble de la personnalité borderline. Pour mieux comprendre cette définition, nous allons commencer par détailler chacune des caractéristiques. Nous allons également expliquer quels symptômes et quelles conséquences y sont liés.

L’instabilité des relations

Le borderline s’attache fortement à la personne aimée et devient vite dépendant. Cependant, la qualité de la relation est détériorée par la conduite du borderline. Effectivement, si la personne aimée est fortement idéalisée par le sujet, elle est souvent dévalorisée ensuite. Nous relevons principalement deux phases relationnelles :

  • La phase d’idéalisation : Au début de la relation, la confiance et l’entente s’installent très rapidement. Le borderline investit beaucoup d’énergie et de temps dans la relation. Il est prêt à tout partager avec la personne idéalisée.
  • La phase de dévalorisation : Après cette première période d’illusion, le borderline utilise un mécanisme de dévalorisation suite à la déception d’une attente trop forte d’attention que la personne aimée ne peut pas donner.

La succession des phases d’idéalisation et de dévalorisation entraine de grandes difficultés relationnelles. Cette attitude est liée à une autre caractéristique du sujet borderline : la peur de  l’abandon, du rejet ou de la séparation. Cette peur est la raison pour laquelle ils se livrent corps et âme dans leurs relations. En effet, ils ont besoin d’être entouré, de se sentir apprécié et soutenu. Si cette structure de soutien est absente, ils peuvent se sentir abandonnés et seuls. L’instabilité des affects et l’image de soi sont également affectées. Ce qui nous amène à notre prochain point.

L’instabilité des affects :

L’instabilité se traduit par une alternance rapide de l’humeur et des émotions. Un sujet borderline peut ressentir une multitude d’états émotionnels qui se succèdent au cours d’une même journée.
Nous relevons deux états types principaux :

  • Etat de bien-être et de plénitude
  • Etat de colère et de désespoir

La succession de ces états émotionnels induit des réactions affectives spécifiques. Pour décharger leurs émotions difficilement gérables, ils les répriment ou les expriment de façon extrême. Parmi les réactions extrêmes, on retrouve les colères intenses ou inappropriées. Cette colère peut se transformer en agressivité. En général, les agressions passent par le sarcastisme ou la dévalorisation.

De plus, l’instabilité est souvent générée par la présence d’une grande angoisse liée à l’environnement. De fait, les situations de stress intense perturbent l’affectivité des borderlines. Dans certains cas elles induisent des symptômes de dissociation sévère ou des idéations persécutoires. Néanmoins, ces phénomènes sont transitoires. Ce qui signifie qu’ils surviennent pendant une durée très courte.

L’instabilité touche également la sphère de l’identité. Cette perturbation de la notion de soi se caractérise par des changements de positions identitaires vis-à-vis de soi. Le borderline peut parfois se sentir bon, en accord avec ses projets et ses valeurs. Cependant, il peut aussi se voir comme une mauvaise personne. La dernière possibilité est le sentiment de vide, le sentiment de ne pas avoir d’identité et de sentir dépourvu d’affects. Son image de lui-même varie notamment en fonction de son environnement, des événements et de son humeur.

L’impulsivité

Un autre pilier de cette définition est l’impulsivité marquée. Les actes impulsifs ont pour but de neutraliser des affects difficilement supportables.  Cette impulsivité est caractérisée par des conduites pouvant être handicapantes voire dangereuses. Ces comportements sont répétitifs et dangereux. Le passage à l’acte peut avoir lieu sous différentes formes :

  • L’abus de drogues ou d’alcool
  • Les achats excessifs
  • Les vols
  • Le jeu pathologique

Les conduites autodestructrices telles que le suicide et l’automutilation en font également partie.  Parmi les conduites handicapantes, on peut retrouver celles qui affectent le domaine professionnel. A savoir les conflits et les désaccords avec les collègues ou supérieurs. Le but de ces pratiques est de soulager la tension interne sur le moment. Evacuer la douleur, les émotions négatives par le biais d’une attaque hétéro ou auto agressive.

Comme nous l’avons vu, le trouble de la personnalité borderline touche à la fois la sphère affective, relationnelle et comportementale. Ces trois dimensions en font sa complexité. Cet article avait pour but d’éclaircir ce sujet. Cependant, afin de l’approfondir, nous aborderons dans un prochain article comment ce trouble évolue et comment on le traite.

Bibliographie :