Nous vivons aujourd’hui en France dans une société de grande consommation de médicaments en tous genres. Parmi eux, les antidépresseurs et les anxiolytiques. Mais ces deux médicaments, notamment consommés pour le traitement de l’anxiété et de la dépression restent malgré tout mal connus du public. Souvent sujets à la controverse, beaucoup refusent d’en prendre par principes, tandis que d’autres en usent sans modération. Il me semble donc intéressant de revoir ensemble les principes d’action de ces deux psychotropes qui occupent aujourd’hui le devant de la scène pharmacologique, et ainsi mieux comprendre leur fonctionnement et leurs effets.

Les anxiolytiques :

Il faut savoir que l’anxiété est une émotion parfaitement normale. Lorsque nous sommes confrontés à une situation de menace, elle nous permet d’être plus alerte et d’être plus efficace dans notre réponse adaptative (le combat ou la fuite). Cependant, lorsque l’anxiété survient alors qu’aucune menace imminente ne la justifie, elle peut devenir très handicapante dans la vie quotidienne. C’est là que les anxiolytiques peuvent venir apporter une aide.

Les anxiolytiques sont des psychotropes de la catégorie des psycholeptiques, ce qui signifie « qui exerce un effet sédatif sur le psychisme ». Les plus utilisés sont les benzodiazépines (Xanax, Lexomil, Valium, Lorazépam…).

Comment fonctionnent les benzodiazépines ?

Dans notre cerveau, des milliards de neurones communiquent entre eux en permanence, se transmettant les informations provenant de l’intérieur et de l’extérieur. Pour réguler le travail intensif de nos neurones, il existe des neurotransmetteurs qui ont un rôle précis de régulation de cette activité : parmi eux le GABA.

Lorsque nous éprouvons une sensation d’anxiété démesurée, cela vient souvent du fait que ces neurotransmetteurs GABA ne font pas leur travail de régulation de manière assez efficace. Le rôle des benzodiazépines va donc être de venir prêter main forte au GABA et de l’aider à réguler l’hyperactivité de certains neurones de notre cerveau.

En régulant cette hyperactivité, la sensation d’anxiété diminue, ainsi que les symptômes physiques qui lui sont associés, tels que les palpitations, la respiration difficile, les sueurs, etc. 

Mais attention, il faut également être conscient du fait que la prise d’anxiolytiques, comme la majorité des médicaments, est souvent accompagnée d’effets indésirables qu’ils ne faut pas sous estimer. Les principaux :

  • Dépendance
  • Somnolence
  • Troubles de la mémoire

Ainsi, les anxiolytiques peuvent s’avérer utiles dans certaines situations et pour certaines pathologies. Pour autant le confort facile qu’ils apportent (détente, soulagement immédiat…) ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit de médicaments, et que leur prise exagérée peut conduire à une dépendance. Cela signifie que l’on a besoin d’en prendre pour se sentir bien. Au long terme, cela peut également entrainer une altération de nos capacités cognitives telle que la mémoire.

Les antidépresseurs :

Les antidépresseurs sont largement utilisés dans le traitement des troubles de l’humeur, et plus spécifiquement dans le traitement de la dépression. Ils peuvent également avoir un effet positif sur l’anxiété. Dis comme ça, cela pourrait presque ressembler à de la magie. Mais en réalité tout est question de chimie. Voyons ensemble comment cela fonctionne et ce qu’il faut savoir à leur sujet.

Pour commencer, que savons nous du fonctionnement physiologique de la dépression ? Aujourd’hui, il semblerait que le dépression soit due à un manque de certains neurotransmetteurs dans notre cerveau : les monoamines ; et plus spécifiquement la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Le rôle des antidépresseurs va donc être de pallier au manque de ces monoamines qui contribuent à notre « bien être ».

Il existe plusieurs familles d’antidépresseurs, les principaux étant les IMAO et les ISRS. Bien que leur action soit différente, leur objectif reste le même : favoriser la diffusion dans notre cerveau de la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline.

Pour ce faire :

  • Les IMAO vont empêcher la dégradation de ces 3 neurotransmetteurs dans notre cerveau et ainsi en augmenter la transmission.
  • Les ISRS quant à eux vont focaliser leur action sur la sérotonine en empêchant sa recapture et ainsi, encore une fois, en augmenter la transmission et la circulation dans le cerveau.

Pour le moment rien n’indique que les antidépresseurs conduiraient à une quelconque dépendance (au contraire des anxiolytiques). Pour autant, certaines spécificités de ces derniers sont importantes à connaître.

  • Délai d’action : les antidépresseurs, à l’inverse des anxiolytiques, nécessitent un délai de deux semaines minimum pour commencer à produire leurs effets positifs. Cela en fait un traitement sur le long terme et non un traitement pour les crises aigues.
  • De plus on peut observer une aggravation des symptômes dépressifs durant les premières semaines d’adaptation, avec une augmentation du risque suicidaire. Cette information est très importante pour deux raisons. D’une part cela veut dire qu’il faut être prudent lors des premiers jours de prise du médicament. Mais cela veut aussi dire qu’il faut savoir être patient, et que même si on ne se sent pas mieux (voir plus mal au début du traitement), il ne faut pas l’arrêter tout de suite pour autant.

Voici donc le fonctionnement chimique des deux psychotropes que sont les anxiolytiques et les antidépresseurs. Cependant, une précision me semble importante : ces deux types de médicaments permettent d’atténuer plusieurs symptômes, mais ne permettent pas de guérir.

Par ailleurs, il est essentiel d’être accompagné d’un psychiatre lors de leur prise, car c’est le médecin spécialisé dans les troubles psychiques et dans la prise de ce type de médicaments.

J’espère que ces brèves explications vous auront permis d’y voir plus clair, et que cela vous aidera à être le plus objectif possible et le mieux averti si vous, ou l’un de vos proches, est confronté à ce types de médicaments. Je vous souhaite néanmoins de ne pas en avoir besoin. Toutefois, si c’est le cas, rappelez-vous que cela ne fait de vous une personne fragile. Tout le monde à parfois besoin d’un peu d’aide.