Pour commencer, qu’est ce que le sommeil ?

Le sommeil correspond à une baisse de l’état de conscience qui sépare deux périodes d’éveil. Il est caractérisé par une perte de la vigilance, une diminution du tonus musculaire et une conservation partielle de la perception sensitive. Dormir est fondamental puisqu’il permet à notre cerveau de se reposer de toute stimulation sensorielle et de bien pouvoir intégrer les informations récemment encodées et/ou stockées afin de les consolider (plus d’informations sur le fonctionnement de notre mémoire https://di-paradise.com/2020/10/29/notre-memoire-comment-fonctionne-et-se-developpe-t-elle/).

Pourquoi en avons-nous besoin ?
Notre organisme a besoin de repos. Nous avons une sorte « d’horloge biologique » qui se fait d’une part, grâce à la lumière du jour captée par les photorécepteurs rétiniens (dans l’œil), et d’autre part, grâce à la mélatonine qui va être sécrétée dans le sang par la glande pinéale. Ce qui veut dire que plus il fait jour (plus il y a de lumière), moins il y a de mélatonine dans le sang donc moins nous nous sentirons fatigués ; plus il fait nuit (moins il y a de lumière), plus il y a de mélatonine dans le sang donc plus nous nous sentirons fatigués. En vieillissant, nous produisons de moins en moins de mélatonine, ce qui expliquerait de nombreux troubles de sommeil liés à l’âge.

Que se passe t-il au niveau cognitif ?
La vigilance va être touchée par le manque de sommeil, c’est-à-dire que nous allons prendre plus de temps à réagir à un événement. Pour illustrer cet argument, je vous donne un exemple : Conduire. Être ivre au volant revient au même que conduire fatigué. Les deux sont tout aussi dangereux puisque le temps de réaction augmente. Imaginons que nous sommes en train de conduire et un chat traverse soudainement la route. Peu importe l’état dans lequel nous nous trouvons que ce soit d’ivresse ou de fatigue, le processus cérébral d’analyse de danger prend plus de temps puisque son activité est modifiée.
Il faut savoir que notre cerveau possède une activité électrique. Cette dernière peut varier en fonction de si nous sommes au repos, stimulé sensoriellement (donc notre cerveau sera excité), ou si nous dormons profondément. Cette activité électrique va se traduire par différents types d’ondes, qui vont être captées à travers l’électroencéphalogramme. Ce dernier, est une technique de mesure de l’activité électrique globale des neurones du cortex cérébral ; et cette activité va être recueillie grâce à des électrodes placées à la surface du crâne, reliés à un ordinateur où le signal va donc être traité et ainsi converti. Plusieurs types d’ondes existent, mais je vais vous en citer 3 afin de comprendre la différence :
– Lorsque notre cerveau est stimulé (ce qui engendre l’activation globale du cortex), il va produire des ondes beta (β) appelés rythme de « veille attentive », et ce dernier se caractérise par des petites oscillations illustrant l’activité électrique du cerveau en présence de stimulations. Ces ondes apparaissent dès l’instant où nous sommes actifs et éveillés.
– Lorsque nous avons les yeux fermés mais ne dormons pas c’est-à-dire lorsque nous sommes au repos, notre cerveau va produire des ondes alpha ) appelés rythme de « veille diffuse », et se caractérise par beaucoup d’oscillations (c’est-à-dire une fréquence élevée), puisque les différents sens (par exemple, la vue, l’ouïe, etc.) sont au repos et donc ils viennent se synchroniser pour mieux travailler tous ensemble, en quelque sorte.
– Lorsque nous dormons, notre cerveau va produire des ondes delta (δ) appelés rythme de « sommeil lent profond ». Le rythme delta est le celui qui est le plus lent et est lié à la régulation de la fréquence cardiaque ou de la digestion.
L’hippocampe va être touché par le manque de sommeil, c’est-à-dire la structure impliquée dans la mémorisation. Ayant appris des informations nouvelles, des liens vont se former et se construire dans notre cerveau pendant le sommeil. Ce dernier est un des acteurs majeurs de la consolidation des apprentissages. Grâce à certaines études (Karni et coll. en 1994, ainsi que Stickgold et al.), il a été prouvé que les performances cognitives et motrices s’améliorent, et ce, de façon durable après une nuit de sommeil. La perturbation de cette dernière augmenterait le risque de rétention d’informations parasites, voire jusqu’à bloquer cette consolidation. Soyez assurés, une petite sieste en journée peut vous être réparatrice !

Que faire face aux troubles de sommeil ?
Plusieurs conseils peuvent nous aider à combattre ces troubles de sommeil ; qu’ils soient classiques (éviter les écrans avant de se coucher, par exemple) ou originaux/décalés (écrire ses pensées envahissantes, etc.). Plus d’informations sur ces conseils ici : https://di-paradise.com/en/2020/03/24/insomnie-que-faire-face-aux-difficultes-dendormissement/?fbclid=IwAR1Btyoz7mxPQWZDKYXxQRBEzCHMiJqgqIySJ2kprQPfryeSoOnyv3MdAMg