On associe souvent le phénomène de quête identitaire à un processus se déroulant uniquement lors de l’adolescence et qui prendrait fin une fois à l’âge adulte. Ceci n’est en soit pas totalement faux mais cette idée de quête ou de développement identitaire peut amener à une certaine frustration lorsque nous nous retrouvons plus ou moins perdu durant une période de notre vie (d’autant plus quand celle-ci nous semblait stable), que nous nous posons des questions sur telle ou telle situation, qu’on se demande qui nous sommes réellement ou encore la personne que nous voulons être ou ce que nous voulons faire. Dans cet article, tu trouveras des informations sur les bases du développement identitaire ainsi que des petits tips qui t’aideront à te guider dans tes périodes de floues !

« L’identité comme l’organisation de la compréhension de soi qui définit la place de chacun dans le monde » Swhartz

Jacques Prévert cite « je suis comme je suis » dans son poème « l’identité ne change pas ». A travers cette phrase, ce poète met en avant une idée d’identité stable dans le temps, mais qu’en est-il de ce que nous sommes quand nous nous retrouvons face à un conflit entre nos perceptions et les demandes que peuvent avoir différents contextes ?

Comme je le disais un peu plus haut, le développement identitaire est un passage par lequel nous passons tous sans exception à l’adolescence. On retrouve un bon nombre de modèles qui décrivent ce développement.

James Marcia met en avant quatre types d’identités basés sur la notion d’exploration (ou de questionnement) et d’engagement. Selon lui, notre identité se forgerait en fonction de notre degré d’engagement et d’exploration. Voici les types quatre identités qu’il propose :

  • L’identité diffuse : englobe les personnes qui explorent peu et qui ne s’engagent que très peu également. Il s’agit d’un style évitant et plutôt passif.
  • L’identité forclose : réunit les personnes avec un faible degré d’exploration mais possédant un haut degré d’engagement. Ce statut se rapproche d’un style conformiste dans la mesure où la personne possédant cette identité va s’identifier aux normes et aux valeurs d’autrui.
  • L’identité moratoire : à l’inverse de la précédente, on retrouve ici des personnes avec un haut degré d’exploration mais un faible degré d’engagement. Les personnes sont en général dans l’expérimentation, il n’y a pas vraiment de stabilité et de projets concrets.
  • L’identité mature : il s’agit de l’identité la plus efficace puisqu’elle comprend un haut degré d’exploration et un haut degré d’engagement.

Tu t’en doutes sûrement, il s’avère que l’on arrête de parler de quête identitaire dès lors qu’on a atteint une identité mature, mais pas de panique car ces statuts identitaires ne sont pas unitaires. Tu peux très bien avoir une identité professionnelle mature et avoir d’un autre côté une identité politique forclose ou inversement, cela est valable avec tous ces statuts identitaires. Donc, que faire quand tu t’interroges sur ta vie en générale, sur une décision en particulier qui te fait défaut ou autre situation délicate dans laquelle ton intégrité est remise en question ?

Quelques tips:

Tout d’abord, il est important de prendre en compte le fait que de remettre en question certains points n’est pas mauvais en soi, il est bénéfique de prendre du temps pour revoir ses objectifs et même d’envisager de nouvelles choses, cela dit, il ne faut pas que ce soit trop récurrent et persistant

  1. Prends du recul, c’est sans doute la meilleure solution pour ne pas imploser ou de procéder à une décision hâtive.
  2. Pèse le pour et le contre : n’hésite pas à te faire une petite fiche pour pouvoir éclaircir tes idées et d’analyser la situation en profondeur, écrire sur le papier va te permettre de te structurer et de pouvoir prendre une décision.
  3. Explore : c’est la clé pour un bon engagement. Tu ne peux t’engager sérieusement là où tu n’as pas creusé le sujet, afin de savoir si cela est en adéquation avec tes valeurs.
  4. Entoure-toi, c’est important de parler de ce qui te tracasses pour avoir un regard extérieur sur la situation en question.