Je vais vous raconter une histoire que j’ai vécue – certes, elle touche plus la personne qui est concernée que son entourage, et ceci de façon directe ; mais je vais vous raconter mon point de vue ainsi que comment je me suis sentie face à cet évènement. Une sorte de « deuil » ressenti indirectement.

Ma grande sœur – que l’on ne va pas nommer pour des raisons personnelles, mais que l’on va appeler ici ‘Alice’ – avait un copain, avec qui elle partageait sa vie pendant sept ans. Ce dernier, que l’on va nommer ‘Dimitri’, s’était très bien intégré à notre famille. Tellement bien, que pour nous il était un membre à part entière. Nous étions devenu très proches, tous les deux. Je le considérais comme mon vrai frère. On faisait tout ensemble (…), on avait une très bonne complicité, comme celle entre un vrai grand frère et sa sœur. Même si nous n’avions aucun lien de parenté, on le considérait comme de la famille. Chaque fois que Dimitri et Alice venaient nous rendre visite, c’était plus qu’agréable.

Mais tout s’est arrêté un jour…

Il faut savoir que leur histoire a duré sept ans, mais s’est mal finie. Dimitri est allé avec une autre femme. La rupture a directement et principalement touché ma sœur et lui-même. Je trouve qu’on ne parle pas assez de la souffrance collatérale, celle qui est partagée et délivrée en vers les personnes meurtries indirectement. Ici, leur rupture a fortement touché l’entièreté de ma famille, puisqu’il a décidé de couper les ponts. Plus aucune nouvelle – plus aucun contact tout court. C’était comme si on venait de perdre quelqu’un qui avait une place si importante au sein de notre famille et qui occupait un endroit dans tous nos cœurs. Nous avons tous vécu son départ ainsi que cette séparation comme un vrai deuil, comme s’il était mort.

Ma mère pleurait tous les soirs, n’avait plus de joie de vivre puisque cette dernière avait été totalement et complètement remplacé par la souffrance et la tristesse due à sa disparition… La douleur que ma famille a ressentie n’était certainement pas négligeable. Elle se voyait à travers les traits de leur visages, ainsi que leur moral et leur attitude. Cet évènement était arrivé au début de ma première année d’université, et je peux vous dire que je suis tombée dans la dépression. Je ne mangeais plus, je ne parlais plus, je pleurais tout le temps, j’étais toujours anxieuse et angoissée, je n’avais plus aucune motivation, je ne faisais plus rien. J’étais devenue un légume, en quelque sorte. Je ne me reconnaissais plus. J’avais perdu quatre kilogrammes dans l’espace d’une semaine et demie, constamment anxieuse et stressée, je m’étais renfermée

Certes, Dimitri avait été avec une autre femme et donc commis l’impensable, mais cela ne peut pas effacer sept ans de souvenirs que chacun avait pu construire avec lui. Je m’étais donc décidée de me prendre en main : j’étais allée voir une psychologue. Je voyais mes changements au fur et à mesure et je détestais ce qui m’arrivait ; mais plus précisément, cela me faisait peur. J’ai donc partagé mes soucis avec une psychologue qui était très peu agréable. Elle n’avait pas le temps pour moi, et s’en fichait de si je ne mangeais plus, je cite « ça m’est égal, tu ne vas pas en mourir dans tous les cas ». À partir de ce moment-là, j’ai décidé de ne que faire la fête. Comme on dit, ‘boire pour oublier’. En conséquence, je n’avais pas réussi mon premier semestre et j’avais l’impression que mon était empirait. Je savais qu’il me faudra du temps pour cicatriser mes blessures et d’aller mieux, mais pas assez de temps ne s’était écoulé… J’ai donc décidé de me préoccuper de ma mère, qui pleurait autant qu’avant. C’est en s’entraidant, qu’on peut parvenir à réussir et à s’en sortir. Je me suis occupée de la consoler, réconforter, ce qui m’a permis de me fixer un objectif (qu’elle aille mieux), et donc de m’occuper en me souciant d’elle. En parallèle, elle se sentait mieux puisqu’elle n’était pas seule face à cette tristesse abondante. Elle avait quelqu’un sur qui compter, on s’est entraidées. Du soutien émotionnel que ce soit pour elle ou pour moi.

Je vous raconte mon histoire, mais si jamais quelque chose de similaire vous arrive, vous allez peut-être ressentir des émotions différentes (…) et réagir différemment en fonction des circonstances. J’espère juste que je vous ai faits comprendre que l’entraide est vitale. Certes, il y a des choses sur lequel on n’est pas obligé de compter sur qui que ce soit et tant mieux d’ailleurs, mais si on est face à une tâche auquel on n’arrive pas, n’hésitez pas à demander de l’aide. Il faut savoir quand demander.