Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi votre  pensée  vous  guide-t-elle vers des décisions qui vous paraissent logiques et appropriées sur le moment, mais qui en réalité finissent par ne pas l’être ? Si c’est le cas, il est fort probable que  votre cerveau tombe dans ce qu’on appelle «  le piège des biais cognitifs ». Depuis l’Antiquité, le fonctionnement de la pensée logique suscite le débat  des  philosophes  Cependant, nous émettons tous toujours  des  erreurs de raisonnement au quotidien.                                                                                     C’est pourquoi dans cet article, on tente de vous expliquer leur nature et leur fonctionnement afin d’éviter de les reproduire.

Comment surgissent les biais cognitifs?

Plusieurs modèles expliquant leur fonctionnement démontrent que les biais cognitifs, qui sont un schéma faussement logique et trompeur, ne résultent pas d’un défaut de compétence logique mais plutôt d’une difficulté à inhiber des réponses intuitives.
Les psychologues Keith et West nomment deux systèmes de pensée. Cette théorie du double processus est très simple.

Le système 1 fonctionne de manière automatique et rapide. Ce système ne nécessite pas d’effort particulier contrairement au système 2 qui accorde une attention à des activités mentales contraignantes comme des calculs complexes, se concentrer sur la voix d’une personne ou encore marcher plus vite.

Quelques exemples de biais cognitifs auxquels on peut être confronté 
  • L’effet Forer consiste à accepter une description vague de notre personnalité comme s’appliquant à nous même. On va s’identifier au texte en ignorant que cela pourrait s’appliquer à d’autres personnes et être très général. Par exemple, vous vous êtes tous surement retrouvés totalement en adéquation avec votre horoscope décrivant parfaitement votre personnalité.                                

Je vous recommande de rechercher l’expérience menée par Bertram R. Forer démontrant ce biais. https://www.youtube.com/watch?v=XD62-xMs128

  • L’effet Halo quant à lui consiste à émettre une opinion assez négative d’une personne sans la connaître en se fiant à une ou deux caractéristiques vagues (appartenance à un groupe qui ne nous plaît pas). Par exemple, si une personne a un physique avantageux, nous lui attribuerons plus facilement des caractéristiques positives.

Cette technique est très utilisée en marketing pour améliorer l’image de certains produits !

  • Le biais d’auto-complaisance est la tendance à considérer ses échecs comme un facteur ne dépendant pas de soi contrairement à ses réussites. Par exemple, si l’on obtient une mauvaise note, l’individu va la justifier par le fait qu’il y a trop de bruit pour se concentrer (facteur externe) mais s’il s’agit d’une bonne note ce serait grâce à révisions intenses. (facteur interne)
 
  • Le biais de cadrage, démontré par le psychologue et économiste D. Kahneman, désigne l’importance de la formulation d’une phrase ou d’une question qui peut venir influencer un individu.

Prenons l’exemple de l’expérience menée par le psychologue cité ci-dessus. Admettons que vous avez la lourde tâche de prendre une décision concernant une épidémie pouvant causer la mort de 600 personnes, quel choix feriez-vous ?

  • L’option A : sauver 200 personnes
  • L’option B : 33% de chances de sauver 600 personnes mais 66% de risque de ne sauver personne

En réalité, les résultats sont les mêmes, quel que soit votre décision, vous sauvez 200 personnes. L’expérience de Kahneman montre que 72% des participants choisissent l’option A.

 

Comment éviter les biais cognitifs?

– Laissez-vous du temps avant de prendre une décision trop rapide et donc favoriser l’utilisation du Système 1 de pensée. Pesez le pour et le contre, réfléchissez aux conséquences. Le but n’étant pas de créer une situation anxiogène mais de favoriser un cheminement logique dans votre pensée grâce auquel vous pourrez éviter les biais cognitifs.

– Pensez à observer ce qui vous entoure afin que votre cerveau assimile un maximum d’informations qui peuvent vous mener vers un bon raisonnement. Il est important de récolter des informations provenant de facteurs externes (environnement) au-delà des facteurs internes afin d’éviter que notre système de pensée passe par des raccourcis (s’inspirer d’un événement similaire et reproduire la même erreur). 

Pour résumer, un biais cognitif est une façon de répondre rapide et intuitive qui peut être trompeuse et fausser notre raisonnement. Il existe énormément de biais mais ce qu’il faut retenir, est que même si nous produisons des erreurs systématiques de raisonnement, nous pouvons essayer d’éviter de tomber dans ce piège. Pour lutter contre ce biais, il faut un système de prise de décision qui est un système cognitif complexe. Les décisions que nous émettons au quotidien proviennent d’un raccourci que notre cerveau utilise. Il est donc nécessaire d’être sûr de la validité de nos informations afin de mener à bien ce cheminement.

 

 

Bibliographie

Chen, J.Q. & Lee, S.M. (2003), « An exploratory cognitive DSS for strategic decision making », Decision Support Systems, Vol. 36, no2, pp. 147-160.

Forgas, J.P. & George, J.M. (2001), « Affective Influences on Judgments and Behavior in Organizations: An Information Processing Perspective», Organizational Behavior and Human Decision Processes, Vol. 86, no1, pp. 3-34.

Kahneman, D., & Clarinard, R. (2012). Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée (Essais) (French Edition) (FLAMMARION éd.). Paris, France : FLAMMARION.

20 redoutables biais cognitifs. (2020, 20 février). Consulté à l’adresse https://www.orygin.fr/coaching-individuel/20-biais-cognitifs-classiques/