La bienveillance est souvent pensée comme étant une attitude dirigée vers les autres. De fait, être bienveillant envers son semblable est une vertu valorisée par la société. Cependant, la bienveillance s’adresse également à notre propre personne. En vérité, elle est bidirectionnelle, ce que l’on oublie couramment. Prendre soin de soi et favoriser son propre bien-être est fondamental pour la santé psychique. C’est pourquoi dans cet article je vais t’expliquer comment être bienveillant envers toi-même.

Qu’est-ce que la bienveillance ?

La bienveillance se compose de plusieurs dimensions : bien veiller, bien veiller sur et bien veiller à. Pour commencer, « bien veiller » signifie être attentif à sa propre vulnérabilité et à celle des autres. En effet, se soucier des besoins, du bien-être des autres et de soi-même est indispensable pour faire preuve de bienveillance. En portant une attention particulière à ces aspects, nous avons la possibilité d’agir et d’être présent. Cela implique d’être empathique, de comprendre les difficultés et de percevoir la vulnérabilité de l’autre. Le développement de l’empathie doit également s’adresser à soi. Chercher à comprendre son mal-être, ses émotions et son comportement est la composante clé de la bienveillance envers soi-même. De plus, cette possibilité d’action est la raison même pour laquelle nous appelons ça veiller.
« Bien veiller sur » renvoi à la notion de soin, de care. Ce rapport de soin est réalisable grâce à une compréhension fine du point de vue de l’autre. Se mettre à la place de l’autre n’est pas suffisant, il est primordial d’investiguer son point de vue. De cette façon, il est possible de prendre soin de l’autre et de maintenir l’homéostasie dans la relation. L’équilibre au sein de la relation dépend entièrement du niveau de confiance, de la compréhension mutuelle et du respect que chacun se porte. Toutefois, ce principe d’harmonie s’applique aussi à soi-même. Par exemple, en prenant soin de notre corps, nous veillons à être en harmonie avec lui.
Enfin, « veiller à » rejoint les deux points précédents. Il est question de veiller à ce que les expériences et les perceptions soient bien acceptées par le psychisme. C’est-à-dire accepter nos faiblesses et notre vulnérabilité comme on accepterait celle des autres. Pour accueillir nos souffrances et les apaiser. Cette dimension relève de l’autonomie individuelle, à savoir notre propre capacité à nous guider. Ainsi, la bienveillance permet de renforcer l’autonomie. Finalement, être bienveillant envers soi-même signifie se comporter avec soi comme on le ferait avec un autre.

L’intérêt de la bienveillance envers soi-même ?

Pourquoi être bienveillant envers soi-même ? Pour avancer, se dépasser et s’accepter. Trois piliers du bien-être psychique. La vie quotidienne génère des tensions, des conflits difficiles à résoudre. En étant bienveillant, appréhender les problèmes et les nouvelles situations s’effectue avec plus de facilité. La bienveillance permet de contrer un mécanisme courant de dévalorisation : l’autocritique. Se critiquer et se faire des reproches nuit au processus d’acceptation. A l’inverse, être bienveillant implique d’être ouvert à la recherche de solutions. Cette attitude est bénéfique sur le court et long terme. Elle nécessité d’être cultivée tous les jours. Plus précisément en changeant sa vision des choses et en trouvant des alternatives.
L’apprentissage de la bienveillance concerne également l’écoute de ses besoins. C’est à dire apprendre à préserver sa santé mentale, son environnement et son corps en engageant un dialogue avec soi-même. La bienveillance permet aussi d’apprécier nos réussites et de surpasser nos erreurs. L’appréciation de nos réussites est plus forte que le retentissement de nos erreurs On devient alors une meilleure version de nous-même. Nos relations sociales en sont également impactées. Cette bienveillance pour soi-même permet de l’être davantage avec les autres.
Au bout du compte, nous estimons souvent souffrir à causes des autres. Cependant, nous nous faisons nous-même souffrir. A cause d’un manque d’indulgence, de bienveillance et un excès de critique envers nous-même. Préservons-nous, soyons en accord avec nous-même pour mieux faire face aux désaccords avec le monde extérieur.

Comment développer la bienveillance envers soi-même ?

Etant donné que la bienveillance est difficile à acquérir, il faut s’armer de patience. Néanmoins, partir avec les bons outils dans cet apprentissage est un avantage considérable. En conséquence, je vais te donner quelques clés pour cultiver ta bienveillance avec toi-même !

  • Respecter tes idéaux, tes envies et tes décisions : être en accord avec ce en quoi tu crois et aspire est essentiel. En effet, en identifiant ce qui est important pour toi, respecter ta façon d’agir est plus aisée. Tes actions seront plus en accord avec toi-même. En revanche, si ton identité propre n’est pas bien définie, ton comportement ne le sera pas non plus. Je te conseille vivement cet article si tu te sens perdu (article sur l’identité).

  • Prendre soin de toi : le processus de bienveillance nécessite de porter une forte attention au soin, comme dit précédemment. Tu dois réserver du temps pour des activités permettant de te détendre et de prendre du plaisir. Ce temps consacré à ton bien-être a pour but de te retrouver avec toi-même. Ces moments privilégiés sont la meilleure manière de prendre soin de toi.

  • Accepter tes erreurs et tes échecs : Comme on dit, l’erreur est humaine. Elle permet d’apprendre, de recommencer et de s’améliorer. Il est difficile de prendre de la distance quand on a l’impression de ne pas avoir été à la hauteur. Cela a un fort impact sur la confiance en soi. Or, pour cultiver la bienveillance, il faut accepter les erreurs que l’on peut faire. En vue de supporter et de diminuer la pression. Ici, le maitre mot est le recul : savoir prendre de la distance.

  • Apprécier tes réussites : ce point rejoint le précédent. Bien qu’il ne faille pas attacher trop d’importance aux erreurs, tu dois t’attarder sur tes réussites. Tes réussites te sont dues, et sont amplement méritées. Elles ne dépendent pas des autres mais uniquement de toi. Tes efforts ne sont pas vains. Alors prends le temps de les apprécier !
  • Contrer la dévalorisation : s’autocritiquer va à l’encontre du principe de la bienveillance. Tu es la personne la plus qualifiée pour t’encourager et te pousser vers le haut. N’attends pas que les autres le fasse, devance-les. Remplace les critiques par des compliments et n’hésites pas à te valoriser.

Pour conclure, la bienveillance s’adresse à tout le monde, y compris toi. Cependant, tu es l’unique personne à pouvoir la développer. Alors j’espère que ces quelques lignes t’aideront à devenir plus bienveillant envers toi-même.

Bibliographie :