Né dans le sillon de la pédopsychiatrie et de la psychanalyse, ce qui a tout d’abord connu le nom « d’idiotie » pour ensuite être affublé « d’autisme » est un diagnostic ayant traversé une histoire tourmentée. C’est tout au long du 19e et du 20e siècles que la notion d’autisme a réellement émergée, se délaissant de celle d’idiotie, notamment  par le biais d’un nombre de débats comptant celui de Victor le fameux « enfant sauvage » d’environ 10 ans, retrouvé errant nu et sans langage. Ce dernier sera d’abord pris en charge par le célèbre psychiatre Philippe Pinel, qui le considère comme « idiot congénital «  incurable de naissance, pour ensuite être éduqué par un jeune médecin, Jean Itard, affirmant que son caractère dit «sauvage » pouvait être corrigé par des méthodes éducatives, n’étant lié, selon lui, qu’à « l’absence de commerce réciproque ». (1) D’où un second débat, où un éducateur du nom d’Edouard Seguin soutenait que ces enfants nécessitaient simplement une éducation spécialisée et adaptée à leur niveau de développement.

Aujourd’hui, l’autisme est désigné de trouble du spectre autistique (TSA), cette terminologie représente mieux la diversité des formes que peut prendre celui-ci. En effet, ses symptômes sont multiples et peuvent atteindre des intensités variables. Auparavant, différentes catégories d’autisme étaient déterminées : Asperger, syndrome de Rett… (2)

En France, on estime à environs 700 000 le nombre de personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme.

Ce qui ne le rend pas moins inaccessible à la compréhension de tous. Ainsi, force est de se questionner : l’autisme, c’est quoi concrètement ?

Qu’est ce que l’autisme ? 

L’autisme est un trouble neuro-développemental dont les premiers signes sont remarqués avant l’âge de 3 ans. Ces symptômes sont dus à un dysfonctionnement cérébral. Par conséquent, les personnes autistes perçoivent le monde différemment d’une personne soi-disant neurotypique.  

Les symptômes majeures d’un TSA sont :

  • Les Troubles des interactions sociales : cela se caractérise par des difficultés à partager ses intérêts et affects, une absence d’expression corporelle, de regard et de mimique et également à des difficultés à ajuster son attitude aux contextes sociaux.
  • Les troubles de la communication et du langage : on voit cela à  travers un retard ou absence de langage, des difficultés à saisir l’implicite, à imiter ou à faire semblant.
  • Les comportements, activités et intérêts restreints et répétitifs :  stéréotypies motrices, alignements, rituels, modes de pensée rigides, intérêt excessif pour des objets insolites ou un domaine très spécifique. (3)

À cela, il est nécessaire d’ajouter :

  • Une appréciation inadéquate des messages sociaux et émotionnels. 
  • Une utilisation et compréhension très faibles ou absentes de la langue.
  • Une extreme pauvreté d’imagination.
  • Des difficultés plus ou moins importantes à faire des liens entre un objet, son image et le mot qui le signifie.
  • Des difficultés fréquentes d’intégration dans le groupe.
  • Une difficulté partielle voire totale des situations, du fonctionnement des objets et des jeux. (2)

Cependant, une clarification est nécessaire car cette liste, qui peut concerner les enfants dits autistes de haut niveau, ne convient pas aux personnes atteintes du syndrome d’Asperger. Chez les conducteurs de haut niveau, les troubles de la communication se développent de manière assez positive, le langage devient relationnel, le développement intellectuel est bien préservé et les intérêts peuvent être variés. Néanmoins, l’image autistique est tout aussi grave à ses débuts que chez les enfants dont l’évolution sera moins positive. 

Le diagnostic :  

Bien que les preuves indiquent que certains enfants peuvent être diagnostiqués de façon définitive avant l’âge de 2 ans, beaucoup ne sont diagnostiqués qu’à l’âge de 4 ou 5 ans. La plupart des directives cliniques recommandent d’impliquer une équipe multidisciplinaire dans le processus de diagnostic des TSA. (4)

Trois étapes sont nécessaires pour assurer le diagnostic d’autisme :

  1. un diagnostic nosologique : un diagnostic prenant en compte les critères développés dans la CIM 10 et le DSM 5 (manuels diagnostiques) définissant l’autisme.
  2. une évaluation fonctionnelle qui vise à apprécier les différents domaines de compétence de l’individu examiné et leur utilisation effective selon les contextes.
  3. la recherche de pathologies associées : c’est l’ensembles de pathologies qui sont généralement associées à l’autisme, on les appelle les « comorbidités ».

Les démarches diagnostiques à entreprendre en cas de doute :

– Consulter l’équipe de psychiatrie de proximité : Ce sont les Centre Médico-Psychologique ou (CMP), les Centres Médico-Psycho Pédagogiques (CMPP) ainsi que les Centres d’Action Médico-Sociaux de Précoces (CAMSP). Généralement, ce sont les  individus avec des caractéristiques de l’autisme très saillantes qui se dirigent vers ce type de centre.

– Consulter un professionnel en libéral : Vous pouvez vous diriger vers un psychiatre, un neurologue ou un neuropsychologue spécialisé dans le domaine de l’autisme.

– Consulter un centre de ressource Autisme : Dans les cas les plus complexes d’autisme, vous pouvez vous dirigez vers un centre de ressource autisme (CRA), qui est un centre public de diagnostic disposant d’un équipe multidisciplinaire généralement composée de : psychologues, psychiatres, orthophonistes, assistantes sociales, éducateurs spécialisés, infirmières et psychométriciens.

 

Petit Plus :

 Si le sujet de l’autisme vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus de façon ludique; voici une liste de séries qui tournent autour du sujet :

BIBLIOGRAPHIE

(1)Hochmann, J. (2020). Qu’est-ce que l’autisme ? Un siècle de débats. Sciences Humaines, 325(5), 3-3. https://doi-org.sirius.parisdescartes.fr/

(2)Amy, M. (2013). Comment aider l’enfant autiste: Approche psychothérapique et éducative. Paris: Dunod. https://doi.org/10.3917/dunod.amy.2013.01

(3) Olano, M. (2020). Le trouble du spectre de l’autisme. Sciences Humaines, 325(5), 4-4. https://doi-org.sirius.parisdescartes.fr/

(4) Paediatrics & Child Health, Volume 24, Issue 7, November 2019, Pages 452–460, https://doi.org/10.1093/pch/pxz118